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Quelques pistes indicatives

par Sentier 22 Avril 2017, 05:00

Positionnement artistique.

 

Orientations techniques
J’utilise diverses techniques classiques, comme la gravure taille-douce et ses dérivés, différentes manières de sculpter et créer des objets, ou encore la scénographie théâtrale. Le dessin est au cœur de mon approche. Je suis également très impliqué dans l’exploration des nouveaux outils (photographie numérique, création d’objets 3D, réalité virtuelle).
Mes orientations actuelles questionnent les relations entre le texte et l’image, dans des projets d’édition en cours de création ou bien en expérimentant des supports plus dématérialisés.

 

Champ référentiel
Mes regards sur l’histoire des arts sont très diversifiés. Ils remontent jusqu’aux premières pratiques humaines en passant par Sumer, la Grèce classique, l’art roman de la cathédrale d’Autun mais aussi par Rembrandt, Goya et Picasso, tous trois graveurs, puis Fluxus, jusqu’à aujourd’hui avec des artistes comme Thomas Hirshhorn, Berlinde de Bruyckere, William Kentridge ou encore Michel Blazy. La littérature occupe une place centrale dans mes recherches, surtout celle qui utilise la forme fragmentaire comme les écrits de Maurice Blanchot, de Michel Leiris ou de Frantz Kafka. D’autres auteurs comme Walter Benjamin, Michel Foucault ou Gilbert Simondon, nourrissent sans cesse mes interrogations concernant la place de l’art dans l’expérience.

 

Quelques éléments de réflexion.
Pour moi, vivre et pratiquer ne diffèrent en rien. Il m’est très difficile d’accepter ce que certains discours médiatiques actuels donnent à penser, à savoir que l’art n’existe que dans les espaces officiels et institutionnels, privés ou publics, qui lui sont réservés. À mes yeux, comme Joseph Beuys ou Jean Dubuffet ont pu le signifier avec force dans leurs textes, l’art devrait être présent partout, dans tous les aspects du quotidien. L’art est le produit de singularités, de rencontres entre des expériences individuelles. Cette conviction m’a incité à axer mes pratiques autour de deux préoccupations principales :

 

1. Un jeu entre fragmentations et assemblages :
Le constat que de multiples fragmentations surviennent dans les espaces sociaux et économiques, et par ailleurs, l’observation du fait que, dans ces mêmes domaines, divers agencements et rapprochements inédits sont à l’œuvre, ont conditionné mes manières de travailler. Les fragmentations sont pour moi générées par les rapports de pouvoir, par certaines évolutions des techniques, par les contraintes sociales. À l’opposé, de nombreuses expériences scientifiques, économiques, anthropologiques, philosophiques ou encore artistiques, tentent d’élaborer de nouveaux types de mises en relations, de créer de nouveaux liens entre les phénomènes et les individus en essayant d’affiner leurs regards sur la réalité.

 

2. La question de l’individu.
Qu’est-ce qu’un individu ? Quelle est la nature des relations actuelles entre la société et l’individu ? Être artiste signifie pour moi cultiver une vision de l’individu qui n’a rien d’individualiste. Un individu ne correspond pas à l’image que la culture me semble véhiculer, c’est-à-dire un être aux limites aisément repérables. L’individu n’a pas de forme stable, il est en perpétuel devenir.

Ces réflexions m’ont amené à considérer mes réalisations comme des assemblages et à envisager ma pratique comme un espace de résistance, dans lequel je cherche à affirmer la nécessité pour toutes les singularités de jouir de la plus complète liberté d’actualiser toutes leurs potentialités.

Le besoin d’une synthèse réflexive est indissociable de ma démarche et un travail d’écriture me permet de préciser mes réflexions concernant les pratiques artistiques. Cela s’est concrétisé en 2016 par la soutenance d’une thèse en art.

 

Quelques pistes indicatives

Difficile de dire pourquoi je continue à pratiquer. Être artiste a certainement du sens, ne serait-ce que celui de préserver l’infinité des possibles. Toutefois, à l’époque de la surpopulation, de la négation des singularités dans les généralisations, de leur dilution dans les masses et dans les peuples, face à la somme monstrueuse des mots creux et des images sans mystère, face à leur reproductibilité invasive, face à la réduction sévère des manières de penser et des champs de vision, l’art se retrouve trop souvent réduit au statut de contingence encombrante. Les artistes peuvent encore trouver quelques places dans l’économie, mais il n’est pas certain que cela durera très longtemps. Et il ne faut pas croire que les combats des avant-gardes du XXe siècle visant à réconcilier l’art et la vie ont porté leurs fruits. La vie est en premier lieu différenciation, distinction, individuation. Elle n’a rien à voir avec toutes ces uniformisations et ces limitations de toutes sortes auxquelles nous sommes de plus en plus soumis. Dans ce cadre, le dessin, en tant que pratique éminemment individuelle, s'affirme comme une indispensable technique de singularisation, de fondation.

 

 

To draw aimlessly

Difficult to say why I keep practising. To be an artist certainly makes sense, and perhaps it is only to preserve the infinity of the possibilities. However, in the age of overpopulation, of the negation of singularities in generalizations, of their dilution in the masses and in peoples, facing the monstrous sum of hollow words and pre-interpreted images, facing their invasive reproducibility, facing the drastic reduction of the ways of thinking, of the fields of view and of the possibilities for action, art becomes more and more reduced to the status of a cumbersome contingency. Artists can still find a few places in the economy, but it is not certain that it will last very long. No way to believe that the struggles of the avant-gardes of the twentieth century to reconcile art and life have borne fruit. Life, first of all, is differentiation, distinction, individuation. It has nothing to do with all these standardization and limitations of all kinds to which we are increasingly subjected. In this context, drawing, as an eminently individual practice, asserts itself as an indispensable technique of singularization, of foundation.

 

 

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